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Le concert de Varduhi Yeritsyan au Plaza Athénée, le 8 février 2010.
Devoir, tu m’appelles et je réponds.
Ah l’amitié impose parfois de bien lourds sacrifices. Quand Varduhi m’a supplié de venir lui prêter main-forte pour son concert-dîner au Plaza Athénée, j’avoue que j’ai hésité … trois bons quarts d’une seconde avant de donner mon accord. Dieu, je suppose, m’en saura gré et m’acquittera de quelques peccadilles pour ce beau geste désintéressé ... Imaginez l’énergie de Varduhi dans les salons feutrés du palace, sa fougue et sa sensibilité réchauffant le jaune pâle des tentures et le stuc impassible des moulures, une jouvence ! Elle avait choisi un programme à sa manière, subtil équilibre entre le ravissement, Ravel, l’émotion, Janacek, la puissance rythmique, Ginastera, l’audace et le dépassement, Bruno Mantovani (présent dans la salle, mais en élégant anonyme). Pour finir, la deuxième sonate de Prokofiev, qu’il a dû écrire pour elle par anticipation spéciale du Ciel, tellement cette œuvre s’exalte et se révèle par son interprétation : une fois encore le public était transporté. Un repas fin, des vins excellents, en compagnie de convives passionnés et complices, des soirées comme celles-ci ne s’oublient pas et, bon prince, je veux bien les partager. Aussi quelle émotion de voir Varduhi en toute jeune professeur communiquer son amour de la musique et de la vie à une toute jeune élève, les deux unissant leur sourire ! Philippe Banquet. |